AH ! LES CHASSEURS ... ESPECE HONNIE !!!

Publié le par Diégo et Calli

 

Bonjour ! C'est moi Calli qui prends la parole aujourd'hui car nous allons aborder un sujet un peu délicat et il faut bien reconnaître que Diégo, tout amusant soit-il, je vous le concède bien volontiers, ne voit pas plus loin que le bout de son nez, qu'il a fort court... En matière de longueur de nez, y a pas photo, ou plutôt si, comparons les photos :

 

 

DSC00547.JPG

 

 

DSC00658.JPG

 

 

Si l'on prend au pied de la lettre les expressions françaises "avoir du nez" qui signifie se montrer perspicace ou "ne pas voir plus loin que le bout de son nez" qui signifie l'inverse, Diégo a bien dû reconnaître, en bougonnant, qu'il m'arrivait à la cheville (au figuré) pour ce qui est de l'intellect ...et au propre pour ce qui est de la taille !!!

 

Bon, revenons au sujet qui nous occupe ce jour : les chasseurs. Nous ne parlerons ici que des chasseurs hexagonaux et non des galgueros de mon pays d'origine, ces barbares, dont il est dit, sur d'autres blogs, tout le mal que je pense bien mieux que je ne saurais l'exprimer...

 

Peut-on être chasseur et aimer la nature et les animaux ? Grande question qui aboutit généralement à des débats houleux... Il en est de ce sujet comme de bien d'autres : rien n'est tout blanc ou tout noir, il existe des chasseurs avec une éthique et il existe des viandards. Chacun autour de soi peut connaître l'un et l'autre..

Notre maîtresse, pendant 20 ans, a vécu auprès d'un chasseur de la 1ère catégorie, son mari. Elle n'approuvait pas mais elle le respectait. La chasse à la bécasse avec des chiens d'arrêt, n'a rien d'un abattage. C'est autre chose que de tirer le jour de l'ouverture sur des pauvres faisans élevés en volière et lâchés de la veille. Que de kilomètres au milieu des bois elle a parcourus avec son mari à la suite des setters qui cherchaient consciencieusement un endroit où une bécasse aurait piété. Certaines fois, ils rentraient le soir, fourbus mais émerveillés de leur immersion au coeur de la forêt, sans avoir vu une seule bécasse,oiseau de passage qui se pose où il veut sans que l'on sache pourquoi là et pas ailleurs... Ce qui ne facilitait sans doute pas l'obtention d'un tableau de chasse, c'est que ma maîtresse emmenait avec elle ses dogues allemands. Ces joyeux mastodontes furetaient partout à l'exemple des setters mais avec la discrétion d'un troupeau d'éléphants et le gibier était prévenu cinq minutes à l'avance de leur approche. Pour ramener quelquechose dans la gibecière, il aurait fallu croiser une bécasse suicidaire !!!

 

 

DSC06548.JPG

 

DSC06550.JPG

 

 

Ma maîtresse avait à l'époque une cabane de résinier au milieu des bois, près du lac de Biscarosse, sans aucun confort, où ils passaient avec leurs chiens une partie du temps. Ce fut la période la plus heureuse de sa vie...  Aucune route n'y menant, il fallait y accéder en bateau, il n'y avait ni eau, ni électricité et pas de voisins à dix kilomètres à la ronde. Les écureuils venaient sur la table chercher les miettes du déjeuner, une famille de loirs vivait dans le grenier, toutes sortes d'oiseaux nichaient  dans les pins et les grands chênes de l'airial. Pour des amoureux de la nature, c'était le bonheur à l'état pur... 

 

 Chaque fois qu'il fallait rentrer à Bordeaux, c'était un choc : elle avait l'impression de ne pas pouvoir respirer sous les hauts plafonds moulurés de l'appartement XIXème dans lequel ils vivaient, les bruits et les odeurs insupportables de l'avenue la rendaient nauséeuse... A vivre immergée dans la nature "vierge", les sens prennent une autre acuité et il lui fallait une journée de réadaptation à la vie normale dans le  monde urbain...

Les chiens ne semblaient pas trop souffrir de ces alternances : ils avaient un petit balcon pour prendre leurs bains de soleil et des canapés pour dormir toute la journée. Ils avaient surtout la présence et l'amour de leurs maîtres et cela les rendait heureux où qu'ils vécurent. Et ma foi, le confort a son charme, pour les chiens comme pour les humains... Elle devait reconnaître que se prélasser une heure dans un bon bain parfumé, c'est bien agréable alors que dans la petite maison des bois, on devait aller puiser l'eau au lac pour faire une toilette minimaliste!!! Mais les attraits de la ville étaient vite épuisés et elle avait tôt fait d'éprouver  la nostalgie de sa vie de sauvageonne au bord du lac...

A la belle saison, on emmenait les chevaux. pas question bien sûr de les faire monter dans la barque, on faisait le chemin par la forêt, entourés par la bande de joyeux toutous et quand périodiquement les maîtres retournaient en ville, ils confiaient les chevaux à un club hippique des environs.

Les vacanciers qui habitaient l'été les villas à l'orée de la forêt les appelaient "les pèlerins", et eux-mêmes avaient une impression de communion  un peu mystique avec la nature, mais surtout un sentiment assez grisant de liberté...

 

Cette vie idyllique de robinsons dura quelques années puis un triste jour, des bulldozers arrivèrent et commencèrent à tracer une route. Les monstres de ferraille progressaient vite. Les maîtres avaient reçu depuis déjà longtemps des papiers d'expulsion, ils s'étaient battus pour sauver leur paradis, mais maintenant il n'y avait plus d'issue : il fallait démonter la petite maison en bois et l'entreposer  dans un coin de la vieille ferme qu'ils étaient en train de rénover près de Bordeaux. Mais dans les tas de planches qu'ils emportèrent avec eux vers leur nouveau foyer, ils emmenaient des passagers clandestins : les loirs de la  maison du lac s'installèrent sans problème dans les greniers de la ferme où leurs descendants sont des hôtes souvent bruyants. Leurs galopades la nuit réveillent parfois les invités qui logent au dessous, on dirait qu'ils jouent au bowling avec les noix qu'ils vont ramasser à une cinquantaine de mètres sous le vieux noyer, et qu'ils stockent pour avoir des provisions pour l'hiver...

  .

 

DSC06545.JPG

 

 

Je vous parle là de chasseurs atypiques, je le reconnais bien volontiers... On croise plus souvent, au détour d'une petite route de campagne, les trognes avinées des paysans du coin menant une battue au chevreuil ou au sanglier et s'époumonant à souffler dans une trompette. Avec de tels énergumènes, je trouve les promeneurs bien courageux de s'aventurer dans les bois...car ces chasseurs-là s'estiment les maîtres du monde, ils n'hésitent pas à casser les clôtures des prairies où paissent tranquillement vaches et chevaux, et tant pis si les bêtes s'échappent... et ils vous insultent si vous osez protester. Notre maîtresse a eu des prises de bec homériques avec les "représentants de l'espèce" de son village, elle a mis chez elle des pancartes "chasse interdite" mais elle a été sidérée d'apprendre que l'on n'a pas le droit d'interdire l'accès de sa propriété pour les battues "aux  nuisibles", à défaut d'être propriétaire de plus de 20 hectares. Les nuisibles, késako ? Vous pensez sans doute comme moi que ce sont les chasseurs, que nenni, il s'agit des pauvres renards. Quand ces chasseurs-là pénètrent dans ses prairies avec leurs gilets fluos, leurs trompettes et leurs chiens hurlants, elle se précipite au milieu d'eux et fait un tel scandale en hurlant plus fort que le vacarme ambiant "sortez de chez moi!", que le renard a le temps de s'enfuir. Elle a alors le sentiment du devoir accompli mais l'euphorie ne dure guère car cinq minutes après, dans la propriété voisine, résonnent les coups de feu qui viennent mettre un terme à une pauvre petite vie. "Vous verriez les choses autrement si vous aviez des poules" lui rétorque-t-on. Les humains détruisent sans remords tout ce qui les gêne... 

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
<br /> Je trouve que vous écrivez admirablement bien !<br /> Je suis anti-chasseurs, même les "bons" ...<br /> Et que dire des chasseurs qui se disent "écologiques" et qui laissent leurs détritus derrière eux, sans parler du plomb dont la nature est pleine ?<br /> Que dire des fils de lignes électriques sectionnés par leurs plombs ?<br /> J'en ai assez de payer pour eux, car c'est Monsieur et Madame Tout Le Monde qui paye leur casse ... et pas leurs compagnies d'assurance, comme ils se plaisent à le faire croire ... Vous connaissez<br /> beaucoup de chasseurs qui vont laisser leurs adresses sur les lieux qu'ils ont saccagés ?<br /> De bien tristes personnages ...<br /> Bisous à toute la famille<br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Merci Marie-Françoise de ces éloges, j'avais envie de faire partager les bonheurs tout simples d'une existence campagnarde dédiée aux animaux...<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> Ahhhh . . . la passée du soir quel magnifique spectacle ! Et dire que les bécasses sont décimées en Russie. Il n'y en aura bientôt plus du tout si cela continue ... Caresses à tous<br /> <br /> <br />
Répondre