L'EPANOUISSEMENT D'ALEGRA
Alegra est arrivée chez nous en novembre 2008, ce fut notre première galga, et c'était une trauma... (voir article du 15/05/10)
Il a fallu pendant de nombreux mois accepter de la laisser vivre à la marge de la famille (qui était bien moins importante que maintenant !), sans pouvoir la toucher, sans même la regarder car un simple regard la terrorisait. Il fallait se comporter comme si elle était transparente et se satisfaire de la savoir hors de danger, mangeant à sa faim et ayant un toit sur la tête. C'était vraiment frustrant de ne pas pouvoir la caresser pour lui dire combien elle était aimée, mais elle était psychologiquement tellement abîmée qu'elle était dans l'incapacité de comprendre ce qu'est l'amour, elle n'attendait de l'homme que les coups. Sur les plus anciennes photos, qui datent du printemps 2009 donc plus de cinq mois après son arrivée, elle a cet air si triste de chien battu. Avant cette date, elle n'acceptait même pas de se laisser photographier...
Pendant très longtemps, elle a passé ses journées dans le nid douillet qu'on lui avait aménagé sous un bureau. Elle s'y sentait en sécurité mais parfois elle tournait inlassablement autour de la pièce, l'air un peu hagard. Il fallait lui parler tendrement sans la regarder en espérant que la douceur de la voix arriverait à pénétrer jusqu'à elle. Durant des mois, elle n'a pas fait de progrès visibles et puis un jour, au jardin, elle a accepté de courir avec Chloé la whippet...
Ouf ! Cela signifiait qu'elle ne refusait pas de s'ouvrir à la vie, simplement il lui fallait du temps... Parfois elle s'arrêtait de courir avec Chloé, comme terrorisée de son audace et s'attendant à être grondée...
Quand on la touchait, pour lui mettre la laisse par exemple, elle se raidissait et on voyait bien que le contact de la main qui caresse ne lui était pas agréable. C'était quelque chose qu'elle ne connaissait pas, de toute évidence pour elle une main humaine ne servait qu'à frapper... Lui laisser le temps, l'entourer de sérénité, ne pas la forcer... c'étaient les seuls remèdes à sa terreur.
Et en mai 2009, arriva au Val de Laurenciane une autre galga barbuda, Monica vite rebaptisée Calli. Pour Alegra ce fut comme un baume sur les plaies de son âme...
Les progrès s'accélérèrent, parfois son regard pétillait, sa queue remuait doucement. Un jour, alors que notre maîtresse lui tournait le dos, elle vint furtivement poser son nez sur ses doigts. Oh ! Que ce fut dur de résister à la tentation de se retourner pour l'embrasser... Faire comme si de rien n'était... Elle ne s'autorisait toujours pas à monter sur les canapés, alors que les autres s'y pavanaient.. Encore quelques mois et elle y monta subrepticement la nuit mais elle n'y dort sereinement que depuis très peu de temps...
Calli lui fit découvrir la vie, le jeu, la gaieté... Elle fut la béquille dont Alegra, cette grande blessée psychologique avait besoin... Il faut dire que Calli est à l'opposé d'Alegra : sûre d'elle, confiante, câline, heureuse de vivre. La compagne idéale pour une trauma... Alegra la suivait comme son ombre ...
Maintenant Alegra aime les caresses et vient très souvent en chercher ; elle fait de très délicats bisous sur le nez de notre maîtresse. Elle s'accorde le droit de dormir d'un profond sommeil sur les canapés, comme les autres...
Au fil des mois, la meute a pris de l'ampleur et notre maîtresse craignait un peu que cela perturbe Alegra, mais pas du tout. On dirait au contraire qu'être entourée de beaucoup de galgos sympas la sécurise. Quand dernièrement nous avons eu des problèmes de mésentente de Givre avec Rosa et Tigresa (voir articles des 05/06,17/06, 29/06, 03/07) l'ambiance à la maison était un peu tendue mais Alegra a traversé ces orages avec sérénité et en continuant à faire des progrès...
Maintenant, c'est souvent elle qui propose le jeu à sa grande copine Calli et à Rosa ...
Les jeux de groupe ne lui font plus peur, elle y tient sa place alors que naguère, elle suivait de loin en n'osant pas y participer ...
Elle va aboyer au portail avec autant de détermination que les autres ...
Bref, Alegra est en passe de devenir une petite galga "normale", heureuse de vivre et câline.. Les gestes un peu rapides ne la paniquent plus, elle fait la part des choses et quand des étrangers viennent en visite, elle ne fuit plus aussi loin que possible, comme autrefois... Elle reste à deux mètres, pour observer et même plus près, s'il y a quelque chose de bon sur la table... Dans quelque temps, notre maîtresse espère qu'elle viendra quémander comme les autres.... Avec les traumas, le maître mot est patience mais quel bonheur à la vue des progrès ... Continue comme ça ma belle, nous t'aimons très fort et nous savons que toi aussi tu nous aimes ...