LA PETITE FEE DE LA FORET (fin)

Publié le par Diégo et Calli

 

DIEGO : "Il me restait un chapitre, le dernier, de la belle et triste histoire de Mélusine, à vous raconter ... (voir articles du 19/06 et du 20/06).

 Malgré les années écoulées, c'est un sujet qui est encore douloureux pour notre maîtresse et elle ne pouvait pas se décider à m'en faire part... Mais la nuit dernière il y a eu un violent orage, plus d'électricité. Elle a allumé des bougies, m'a pris sur ses genoux et a commencé à parler... Réfugiés dans le halo  tellement vivant des bougies que le courant d'air faisait danser, à l'écart du monde extérieur délimité par la frontière de la nuit, elle m'a confié la suite de l'histoire de Mélusine, de sa fille Palmyre (la seule survivante) et  de ses quatre petites-filles, Ur, Utah, Ukraine et Urfa.

 

 

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Un ami des maîtres avait un très joli mâle setter lemon, qui parfois chassait avec Mélusine et Palmyre... Il fut décidé de marier Palmyre et Pilgrim qui semblaient beaucoup s'apprécier et qu'un chiot mâle serait le paiement de la saillie... Il naquit 4 filles et un garçon Urus qui partit bientôt rejoindre son père. Les 4 filles restèrent à la maison, notre maîtresse y était trop attachée pour imaginer les vendre. D'ailleurs comment choisir celle que l'on garderait pour continuer la lignée de la fée Mélusine. Une fois encore, ce fut le destin qui devait se charger du choix, et de façon bien cruelle...

 

 

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C'est troublant, mais parmi les photos de cette lointaine époque (plus de 25 ans) que notre maîtresse a sorties des albums pour illustrer cet article, il ne s'en trouve pas une seule sur laquelle figure la petite Urfa.... C'était une grosse louloute pas très futée, mais débordante d'amour, qui avait tendance à rester un peu en retrait des autres chiens. Par exemple quand les autres faisaient une bêtise, elle mettait du temps avant de se décider à y participer et lorsque les maîtres arrivaient, très fâchés, les autres avaient déjà déguerpi et il ne restait plus sur le lieu du crime que la petite Urfa, un peu ahurie, mais qui remuait gentiment son bout de queue, toute heureuse à l'idée d'un câlin qu'elle n'aurait pas à partager avec ses soeurs.. Comment la punir... La pauvre chérie n'a pas laissé une très forte empreinte de son court passage sur terre...

 

Ukraine était la préférée de notre maîtresse (à gauche sur la photo ci-dessus). Elle était presque toute blanche, extrêmement  câline. Quant à Ur et Utah, elles s'entendaient comme larrons en foire pour faire toutes les bêtises possibles, se chamaillant sans cesse mais ne se quittant pas d'une semelle (les chiens ne portent pas de chaussures, me direz-vous avec sagacité...)

 

 

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A l'époque la propriété n'était pas clotûrée, à l'entour il n'y avait que des prairies, des bois et des vignes, la pleine campagne à des centaines de mètres à la ronde, le plus proche voisin, un château avec une tour moyenâgeuse, à 200m. Depuis qu'elles savaient marcher, les petites avaient pris l'habitude de partir à la découverte de leur territoire, chaque jour un peu plus loin, Ur et Utah en éclaireurs, Ukraine ensuite et, à la traine, agitant comiquement son popotin dodu, venait Urfa... Les maîtres trouvaient le spectacle amusant et ils les surveillaient de loin, du haut de leur terrasse sur la colline où est bâtie la maison... 

 

 

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Depuis lors, notre maîtresse se reproche toujours leur comportement irresponsable... Plus jamais par la suite elle ne laisserait ses chiens divaguer, mais à cette époque ils étaient tellement épris de liberté qu'ils voulaient permettre à leurs chiens d'y goûter comme eux-mêmes l'avaient vécue au bord du lac de Biscarrosse, pèlerins poètes amoureux de la nature, vivant sans contraintes. Au milieu des années 80 cette vie heureuse et libre était révolue mais ils en avaient une telle nostalgie qu'ils s'y replongeaient avec délice en imaginant le plaisir de leurs filles, lorsqu'elles partaient le nez au vent à la découverte du monde... à leur échelle. Que du bonheur !!!

 

 

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Et vint le 24 décembre... Les gens s'apprêtent à fêter Noël et même pour ceux qui n'ont pas de famille, c'est une soirée magique, la messe de minuit, la grosse bûche dans la cheminée... Maintenant pour notre maîtresse, cette date est synonyme de chagrin...

Dans l'après-midi les petites setters de 6 mois étaient parties à la queue leu leu poursuivre leurs explorations, elles n'allaient pas tarder à rentrer, le ventre creux, pour s'installer en rang d'oignon dans la cuisine dans l'attente de leur dîner... Quand tout à coup ils entendirent des coups de fusil, pas très loin de la maison, et des hurlements de chiens blessés...

 

Utah fut la première à revenir, terrorisée mais indemne, suivie de sa soeur Ur qui saignait de multiples plombs de chasse... Elle ne semblait pas gravement blessée... Mais les deux autres ???  On entendait leurs hurlements qui provenaient du château voisin...  Les maîtres se précipitèrent à travers champs et furent rapidement sur place...

Et là, dans le poulailler, à côté du corps d'une poule noire, gisait la pauvre Urfa, déjà morte au milieu d'une tache de sang qui s'agrandissait... Et sa  soeur Ukraine, blessée, qui hurlait d'une si terrible voix... Et le monstre, l'assassin, le fusil à la main, qui disait : "Hier, elles m'ont tué 3 poules, alors je les ai guettées..."   Et comme notre maîtresse se précipitait pour porter secours à Ukraine, le monstre tira une autre fois et l'acheva... alors qu'elle aurait pu peut-être la sauver en la conduisant aussitôt chez le vétérinaire... Folle de chagrin, notre maîtresse se retourna contre le monstre, avec certainement un regard meurtrier car "en légitime défense", l'assassin sortit un révolver, souvenir de la guerre, et la menaça... Leur petite employée, qui avait suivi la scène de loin, avait appelé les gendarmes et ceux-ci désarmèrent le monstre et établirent un procès-verbal. Plus tard,  les maîtres devraient aller déposer  plainte pour actes de barbarie et menace avec arme de guerre... Pour l'heure, en ce soir de Noël, ils rentrèrent chez eux, avec dans leurs bras les corps sanglants de leurs petites chéries...

 

Ur se remit très vite de ses blessures heureusement superficielles, mais chez les maîtres, les blessures étaient profondes....

 

 

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Le procès eut lieu, la SPA s'était portée partie civile et ce fut son avocat qui plaida. Le monstre fut condamné, ses armes furent saisies et en cas de récidive, planait au-dessus de sa tête la crainte d'une peine de prison...  Mais ce qui le fit condamner ce fut moins la barbarie de son acte envers des petites chiennes sans défense qui avaient tué 4 poules (que les maîtres auraient remboursées sans rechigner si leur voisin leur en avait parlé).. non, la "lourdeur" de sa peine fut causée par la menace de notre maîtresse avec une arme de guerre non déclarée !!! La vie de deux chiens de six mois, ça compte si peu ... Ecoeurant !!!

 

La vie continua mais quelque chose s'était félé. Notre maîtresse était hantée par la mort sous ses yeux de sa petite Ukraine... Elle se mit à détester la maison, qui n'y était pour rien, et se plongea dans la nostalgie des années passées à Biscarrosse, où tout était bonheur...

Quelques mois plus tard, elle acheta sa première whippet, Ulieta, dite Uli, le début d'une passion (voir article du 09/06)

 

Ur et Utah devinrent adutes et chassèrent avec leur mère. Mélusine, leur grand-mère commençait à prendre de l'âge et il fallut la ménager à la chasse, en allant contre sa volonté car elle avait gardé son caractère décidé...

 

 

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Et un jour Mélusine disparut... Les maîtres, toujours poètes voulurent croire, leurs recherches dans les environs étant restées vaines, que la petite fée était partie comme elle était arrivée, par magie peut-être...

 

Mais un doute taraude notre maîtresse : et si le monstre s'était vengé ??? Elle ne le saura jamais...

 

La propriété fut clotûrée, des bébés whippets remplirent la maison, mais la joie insouciante s'en était allée avec Ukraine et Mélusiine... La lignée de Mélusine s'arréta à Ur et Utah, qui moururent autour de 13-14 ans... Les maîtres adoptèrent un setter blessé qui s'était réfugié chez eux et l'appelèrent Uriel... Il n'y eut plus de bébés setters...  La fin d'une époque... Adieu Mélusine, tu resteras toujours dans notre coeur...

 

 

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M
<br /> quelle triste histoire Diego,tu n'as pas connu ces gentils chiens,moi meme j'ai eu une setter irlandais qui s'appelais Orélie,c'était un amour de chienne et une bonne gardienne dansla maison elle a<br /> vécu 12 ans et faisait le bonheur de ses maitres.<br /> Ce que tu nous raconte aujourd'hui est une histoire vraiment triste a lire,j'ai une pensée pour le chagrin de leur maitresse qui les a vu souffrir,quel vision d'horreur,c'est une image qu'elle ne<br /> pourra oublier<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Cette fois, mon petit Diégo, les larmes n'ont pas fait que me monter aux yeux elles ont aussi coulé sur mes joues. Tu racontes si bien une histoire si triste. Mais ne dit-on pas que les plus belles<br /> histoires sont aussi les plus tristes ...<br /> <br /> <br />
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